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Du 11 Juin 2015 au 13 Juin 2015

La-Roche-sur-Yon, Vendée, FRANCE

Aquifères de socle : le point sur les concepts et les applications opérationnelles.

Le Comité Français d’Hydrogéologie (CFH) de l’Association Internationale des Hydrogéologues (AIH) a organisé sa 20eme conférence scientifique, du 11 au 13 juin 2015 à La Roche-sur-Yon (Vendée), internationale, consacrée aux eaux souterraines des régions dites de " socle " (granites, schistes, gneiss…). Sur deux journées de conférence suivies d’une journée de visite technique, 180 participants étaient présents, en provenance de 20 pays différents, d’Europe mais aussi des grandes régions de socle du monde (USA, Afrique, Australie…). Cette conférence a donc rassemblé, de nombreux spécialistes du monde entier : chercheurs, enseignants, hydrogéologues des Services Publics, mais aussi des bureaux d’étude, gestionnaires des ressources en eau et décideurs. Les résultats les plus récents ont pu être partages, les points de vue scientifiques et techniques confrontes et les applications mises à disposition des acteurs opérationnels. La conférence, avec une traduction simultanée anglais-français et français-anglais, a été organisée en 3 sessions principales qui sont présentées ci-après

Le modèle conceptuel des aquifères de socle : processus à l’origine de leur perméabilité

Il est désormais bien connu et admis que les propriétés hydrodynamiques des aquifères de socle, partout dans le monde, sont liées a l’altération des roches. Dans les régions/secteurs ou les altérations meubles (la saprolite) sont préservées de l’érosion, elles assurent la capacité de stockage de l’aquifère. L’horizon fissure sous-jacent, perméable, de plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur, résulte lui aussi du processus d’altération et assure la productivité des forages. Les discontinuités, telles que des contacts lithologiques, filons, dykes, anciennes fractures ou joints… constituent des lieux privilégiés de propagation de l’altération et peuvent aussi comporter une certaine perméabilité, notamment à leurs épontes. Ainsi, lorsque la saprolite et l’horizon fissure stratiformes sont totalement érodés, ces structures subverticales peuvent être la cible d’implantation de forages, avec cependant une capacité de stockage plus réduite. Dans certains cas, ces structures enracinées peuvent être à l’ origine d’échanges importants entre des eaux souterraines et des eaux de surface.

Méthodes d’implantation des forages et de cartographie des potentialités en eau souterraine en contexte de socle : de l’échelle régionale à l’échelle locale

De nombreux exemples à travers le monde ont été présentes, depuis des méthodes locales (géophysique) jusqu’a la cartographie des zones favorables à l’exploitation de ces aquifères à l’échelle d’une région (exemples en Bretagne) ou d’un pays (Benin, Burkina Faso). Même si les méthodes géophysiques ne permettent pas encore de distinguer un horizon fissure perméable (et d’y localiser les fractures perméables) d’une formation moins perméable ou colmatée, les scientifiques et utilisateurs (bureaux d’étude, gestionnaires) apportent la preuve, au cours de la table ronde, que les méthodes géophysiques 2D doivent être privilégiées, le 1D étant soumis à de nombreux artefacts.

Fonctionnement, gestion et modélisation des aquifères de socle

Les présentations et discussions ont montré que les aquifères de socle peuvent, notamment grâce au modèle conceptuel présenté ci-dessus, et doivent être gérés et modélisés comme les autres types d’aquifères, tels les milieux poreux. La qualité chimique de leurs eaux a aussi été abordée, avec notamment les processus de dénitrification, les traceurs de temps de transfert et isotopiques, etc., avec des applications aux périmètres de protection, aux bassins d’alimentation, pour la prévention ou l’atténuation des pollutions diffuses. La nouvelle conception de ces aquifères, maintenant bien acceptée par la communauté des hydrogéologues, permet une bien meilleure prévisibilité des propriétés de ces roches et de leurs eaux souterraines. Au global, la conférence a certes présenté de nombreuses publications scientifiques de niveau international, mais aussi et surtout, de nouvelles applications opérationnelles. Les 2 jours de conférence ont été suivis par une visite technique d’une journée pour découvrir différents affleurements présentant de façon très pédagogique l’horizon fissure stratiforme des granites, mais aussi une source thermale dont l’origine reste encore à interpréter.


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